Arrivée de Martine Drozdz

Martine Drozdz a rejoint le LATTS en tant que chargée de recherche depuis le 1er octobre 2016.

Géographe, elle s’intéresse aux évolutions sociales et démographiques des espaces urbains, en particulier des grandes métropoles, et aux controverses suscitées par les modalités de leur aménagement. Dans une réflexion générale sur les formes urbaines de l’idéologie (néo)libérale, elle explore les formes de consentement, résistance et régulation d’un urbanisme de plus en plus négocié entre puissance publique et acteurs privés, qu’ils soient marchands ou non.

Depuis sa thèse, les espaces que l’on désigne depuis les années 1960 comme l’inner city de Londres, constituent son principal terrain d’enquête. Quartiers industriels de faubourg qui bordent le centre politique (Westminster) et financier (la City) de la capitale britannique, ils connaissent un déclin démographique puis économique dans la deuxième moitié du 20e siècle, avant une période de “renaissance urbaine” depuis la fin des  années 1990. Ses premiers travaux ont consisté à montrer comment cette transition urbaine s’est déroulée, selon trois approches : une géographie sociale attentive aux trajectoires socio-demographique de ces territoires ; une évaluation territorialisée des politiques urbaines, locales, métropolitaines et nationales prenant pour cible les quartiers péri-centraux post-industriels ; une cartographie des conflits et des controverses suscités par ces aménagements urbains. Les résultats de ce travail ont été publiés dans L’Espace géographique, Justice spatiale/Spatial Justice, Métropolitiques et L’Observatoire de la Société Britannique ainsi que dans des ouvrages collectifs (Espace et rapports de domination, Presses Universitaires de Rennes ; Métropoles en débat : (dé)constructions de la ville compétitive ; Preses Universitaires de Paris Ouest-La Défense). Ces enquêtes ont également été utilisées dans la production de deux films sur les évolutions sociales et architecturales de Londres.

Elle profite actuellement de l’environnement inter-disciplinaire du LATTS pour diversifier ses lieux d’enquête, amorcer d’autres chantiers de recherche et continuer ses collaborations avec  le Royaume-Uni (malgré le Brexit!) : avec Andrew Harris, du département de géographie de l’University College London, et Tom Wolseley, artiste, elle participe au projet Shardology soutenu par la fondation Leverhulme. Dans ce cadre, elle prendra part à une discussion collective en janvier 2017 sur la thématique “Finance and the imaginary city”, réunissant architectes, géographes et psychologues intéressés par les impacts de la financiarisation de la production urbaine sur les pratiques quotidiennes. A cette occasion, elle interviendra également lors de la table-ronde “Open Cities/World Cities” organisée à la London School of Economics avec Barbara Lipietz et Richard Sennett pour la Nuit des Idées. Avec Ludovic Halbert et les membres de l’axe Economie Politique de la Production Urbaine (EPPUR) du LATTS, elle contribue à l’exploration des effets urbains des politiques d’austérité menées en Europe. Enfin, en parallèle du cours Cartographie de controverses qu’elle enseigne avec Jonathan Rutherford et Flaminia Paddeu à l’ENPC, elle expérimente les méthodes de fouille de données sur des corpus documentaires, qu’elle espère pouvoir mobiliser dans l’analyse des transformations de la production urbaine.

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