HYBRIDELEC – Electric hybrids : emerging forms of energy transition in southern cities

Autres chercheur.es associées/rattachées au LATTS : Marie-Hélène Zerah (Chercheur.e IRD) et Bérénice Girard (Post-doctorant.e)

Les processus de transition énergétique présentent des caractéristiques particulières dans les villes des Suds. Ces dernières connaissent des problèmes persistants de fourniture en électricité que les réponses conventionnelles, centrées sur les réseaux, ne parviennent pas à résoudre. Parallèlement, l’essor de solutions alternatives, individuelles et collectives, est galvanisé notamment par la diffusion d’équipements solaires bon marché. Appliquant le concept d’hybridation aux études socio-techniques, les recherches conduites dans le cadre de ce programme étudient les configurations électriques urbaines qui résultent de ces processus disparates et leurs impacts sur le futur des systèmes électriques existants.

Partant de l’hypothèse que la diversité observée, forme d’adaptation à l’hétérogénéité socio-économique des sociétés urbaines, conduit à une hybridation durable des systèmes électriques, la recherche vise d’abord à documenter la diversité des configurations émergentes, à travers leurs arrangements sociotechniques et les modes de gouvernance associés ainsi que leurs dimensions politiques. Comment les nouveaux arrangements socio-techniques sont-ils initiés et par qui ? A qui s’adressent-ils et qui en sont les exclus ? A quelles échelles et dans quels espaces urbains sont-ils amenés à jouer un rôle majeur ? Dans quelle relation avec le réseau conventionnel (complémentarité, concurrence, substitution) ?

Il s’agit ensuite d’analyser le rôle de ces configurations électriques hybrides dans les transformations des systèmes électriques urbains en contexte de marchandisation croissante des services essentiels et de faiblesse structurelle des capacités publiques : en quoi conduisent-elles à ré-interroger les modèles dominants de la transition énergétique et quel sens donner aux évolutions constatées ? La deuxième hypothèse est ici que la pluralité sociotechnique des processus de transformation énergétique est, dans les villes étudiées, une donnée cardinale de la transition énergétique pensée comme un possible réarrangement de cette diversité et non comme une finalité indépendante. Il s’agit donc de sortir d’une vision téléologique et managériale de la transition énergétique au profit d’une approche relationnelle considérant que la définition des objectifs et les processus de changement procèdent d’un même mouvement, dont la résultante n’est pas connue d’avance et doit être appréciée au cas par cas en fonction d’arrangements singuliers et territorialisés.

 

Méthode

Composée de 15 chercheurs juniors et seniors, l’équipe travaille sur 7 terrains en Afrique et en Asie.

Les méthodes sont qualitatives et reposent sur la production de données originales (par enquête auprès des pouvoirs publics et des acteurs de marché) ainsi que la mobilisation et le traitement de données de seconde main de natures très différentes (statistiques, presse, documents techniques, littérature grise spécialisée, etc.).

Partant de la diversité empiriquement observée des configurations électriques hybrides, le travail de théorisation vise, d’une part, à rendre intelligible ce constat et, d’autre part, à expliquer comment il peut contribuer à réviser et enrichir les conceptions usuelles de la transition énergétique. Ancrée dans l’épistémologie de la grounded theory, la méthodologie combine trois modalités de travail : des investigations empiriques de cas contrastés donnant lieu à des descriptions fines ; une démarche comparative pensée comme un moyen d’identifier des régularités dans les arrangements sociotechniques et, parmi celles-ci, de repérer des assemblages supports de processus transitionnels ; une discussion des résultats au regard des constructions théoriques dans lesquelles s’inscrit la recherche collective (notamment celles du splintering urbanism, de la ville post-réseau ou de l’écologie politique urbaine) avec l’objectif de contribuer à l’élaboration d’un cadre conceptuel des transformations électriques urbaines dans les Suds venant enrichir les approches de la transition énergétique en sciences sociales.

 

En savoir plus : https://hybridelec.hypotheses.org/

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