Infrastructure, politiques et mondes urbains – IPMU

Animateurs : Jonathan Rutherford

L’axe IPMU s’intéresse aux liens entre les villes et leurs systèmes techniques d’eaux, d’énergies, de déchets, de télécommunications ou de transports, s’inscrivant ainsi dans la lignée des travaux menés depuis la création du LATTS (Dupuy, Offner, et al).

Au sein de l’axe, nous analysons : les transformations dans l’organisation et la gestion de ces infrastructures et de ces services ; les tensions, conflits et controverses politiques associés à ces transformations dans les contextes urbains très divers du Nord et du Sud ; et les implications de celles-ci en termes de recherche et de politique urbaine.

Les recherches portent sur les implications sur l’organisation et le fonctionnement des espaces urbanisés de la remise en cause du (tout) réseau comme principe supérieur d’organisation des services urbains (eaux, énergies, déchets) — remise en cause qui s’opère à la fois en pratique, avec le déploiement de « solutions alternatives », et en principe, avec la multiplication de travaux scientifiques soulignant les limites fonctionnelles, financières, sociales et, surtout, environnementales du modèle réticulaire. Les recherches du LATTS viseront à rendre compte des processus à l’œuvre et des manières dont ils recomposent l’urbain, mettant en lumière les relations étroites entre mutations infrastructurelles et mutations urbaines et explorant explicitement l’hypothèse de l’avènement d’une ville « post-réseaux ». Ces travaux visent ainsi à démontrer la permanence, quoique sous des formes renouvelées, des relations entre ville, technique et politique (au sens de politics) et à en tirer toutes les implications tant en termes de questions de recherche qu’en termes de politiques publiques (policies). Un terrain privilégié d’investigation concerne les dispositifs de gouvernance énergétique urbaine et les politiques territoriales de « transition énergétique ».

 

Bilan 2015 de l’axe IPMU

L’organisation de l’axe tourne principalement autour d’un séminaire bimensuel d’une demi-journée consacré à une ou deux présentations suivies d’un échange collectif et fertile. Les intervenants sont parfois des membres de l’axe, parfois des chercheurs extérieurs au laboratoire, ce qui permet de traiter une diversité de sujets et d’approches. On peut noter la venue en juin 2015 d’Andrew Barry (University College London) pour un séminaire sur ‘Infrastructural politics: Baku-Tbilisi-Ceyhan revisited’ autour de son livre Material Politics: Disputes Along the Pipeline qui s’inscrit dans la ligne des travaux sur les controverses sociotechniques en étudiant les conflits qui se sont produits pendant la construction d’une infrastructure pétrolière de long distance, notamment ceux autour de la qualité, la nature, la signification de certains matériels et objets, mais également dans la production et la diffusion d’information sur ce projet.

Les membres de l’axe ont participé au séminaire du Plan Urbain Construction et Architecture sur la ville intelligente et contribuent aux échanges transversaux au sein du LATTS sur les smart cities. Sur ce thème, le LATTS est présent dans un consortium européen qui a répondu à l’appel à projets ERANET-JPI Europe sur Smart Urban Futures (réponse en attente).

L’axe est présent sur le plan international avec l’organisation du séminaire INCUT (voir ci-dessous), la co-organisation de 3 sessions au colloque de l’Association of American Geographers sur ‘Urban Power, Urban Politics: reconnecting electricity and the city’, Chicago, 21-25 avril 2015, et participation dans d’autres sessions du même colloque.

Le séminaire IPMU a été complété en 2015 par le séminaire VIT (villes et infrastructures en transition) organisé par Daniel Florentin et Yoan Miot (avec EPPUR). Ce séminaire (4 à 6 séances par an) vise à approfondir les débats entre chercheurs et praticiens sur les enjeux techniques et politiques reliant villes en décroissance et infrastructures en rétraction pour donner à voir des stratégies d’adaptation et des nouveaux modèles de gestion de la fabrique urbaine en transition.

Projets de recherche :

Les membres d’IPMU se sont enfin montrés très actifs en matière de projets de recherche avec des financements extérieurs. Le projet ANR SYRACUSE, coordonné par Olivier Coutard, s’est achevé en 2015 ayant fourni un travail important sur les échanges et les interactions entre systèmes sectoriels des eaux, des énergies et des déchets, entre ces systèmes et les bâtiments qui leur sont raccordés, et entre les symbioses urbaines et leur environnement. Le projet Villes et Transitions Energétiques (VITE) financé par l’ANR, coordonné par le LATTS et regroupant plusieurs équipes autour du LabEx Futurs Urbains prolonge la voie d’analyse sur les transitions énergétiques urbaines ouverte par des projets récents dans une démarche d’interdisciplinarité radicale (sciences sociales – sciences de l’ingénierie et de l’environnement), déjà expérimentée dans le cadre du projet SYRACUSE.

L’axe IPMU a vu certains de ses doctorants achever leurs travaux de thèse: Daniel Florentin sur les formes et enjeux de la diminution de la consommation de différents réseaux techniques urbains en Europe ; Pauline Gabillet sur les entreprises locales de distribution comme outil de gouvernement énergétique urbain ; Francesca Piló sur l’électrification des favelas à Rio.

Enfin, deux publications internationales majeures ont regroupé des contributions des membres de l’axe:

Coutard, O. & Rutherford, J. (eds.) (2015) Beyond the Networked City: Infrastructure Reconfigurations and Urban Change in the North and South, Abingdon: Routledge, 275p. https://www.routledge.com/products/9781138796829

  • Contributeurs: Olivier Coutard and Jonathan Rutherford (introduction); Jochen Monstadt and Sophie Schramm; Sabine Barles, André Guillerme and Olivier Coutard; Simon Guy and Andrew Karvonen; Kathryn Furlong; Stephen Graham, Renu Desai and Colin McFarlane; Ross Beveridge and Matthias Naumann; Jérémie Cavé; Sylvy Jaglin; Janette Webb; Simon Marvin; Elizabeth Shove; Jonathan Rutherford and Olivier Coutard (conclusion).

Rutherford, J. & Jaglin, S. (eds.) (2015) ‘Urban energy governance: local actions, capacities and politics’, Energy Policy 78, pp. 173-291. http://www.sciencedirect.com/science/journal/03014215/78

  • Contributeurs: Jonathan Rutherford and Sylvy Jaglin (introduction); Laure Criqui and Marie-Hélène Zérah; Pauline Gabillet; Matthew Hannon and Ronan Bolton; Jochen Monstadt and Annika Wolff; Morgan Mouton; Eric Verdeil et al; Thomas Blanchet; Jannika Mattes et al; Janette Webb; Philipp Späth and Harald Rohracher; Alain Nadai et al.

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