Infrastructure, politiques et mondes urbains – IPMU

Animateurs : Jonathan Rutherford

L’axe IPMU s’intéresse aux liens entre les villes et leurs systèmes techniques d’eaux, d’énergies, de déchets, de télécommunications ou de transports, s’inscrivant ainsi dans la lignée des travaux menés depuis la création du LATTS (Gabriel Dupuy, Jean-Marc Offner, et al).

Au sein de l’axe, nous analysons : les transformations dans l’organisation et la gestion de ces infrastructures et de ces services ; les tensions, conflits et controverses politiques associés à ces transformations dans les contextes urbains très divers du Nord et du Sud ; et les implications de celles-ci en termes de recherche et de politique urbaine.

Les recherches portent sur les implications sur l’organisation et le fonctionnement des espaces urbanisés de la remise en cause du (tout) réseau comme principe supérieur d’organisation des services urbains (eaux, énergies, déchets) — remise en cause qui s’opère à la fois en pratique, avec le déploiement de « solutions alternatives », et en principe, avec la multiplication de travaux scientifiques soulignant les limites fonctionnelles, financières, sociales et, surtout, environnementales du modèle réticulaire. Les recherches du LATTS viseront à rendre compte des processus à l’œuvre et des manières dont ils recomposent l’urbain, mettant en lumière les relations étroites entre mutations infrastructurelles et mutations urbaines et explorant explicitement l’hypothèse de l’avènement d’une ville « post-réseaux ». Ces travaux visent ainsi à démontrer la permanence, quoique sous des formes renouvelées, des relations entre ville, technique et politique (au sens de politics) et à en tirer toutes les implications tant en termes de questions de recherche qu’en termes de politiques publiques (policies). Un terrain privilégié d’investigation concerne les dispositifs de gouvernance énergétique urbaine et les politiques territoriales de « transition énergétique ».

 

Faits marquants 2016 de l’axe IPMU

L’organisation de l’axe tourne principalement autour d’un séminaire bimensuel consacré à une ou deux présentations suivies d’un échange collectif et fertile. Les intervenants sont parfois des membres de l’axe, parfois des chercheurs extérieurs au laboratoire, ce qui permet de traiter une diversité de sujets et d’approches. On peut noter la venue comme chercheur invité en mai 2016 d’Andrew Karvonen (chercheur à KTH Stockholm et ancien chercheur de l’université de Manchester). A la jonction fertile entre le STS et les études urbaines, il a présenté ses travaux récents sur le smart urbanism et sur la ville expérimentale, ce dernier ayant donné lieu à la publication de l’ouvrage The Experimental City chez Routledge en 2016 (ouvrage coordonné avec J. Evans et R. Raven ).

Les membres de l’axe ont participé au séminaire du Plan Urbain Construction et Architecture sur la ville intelligente et contribuent aux échanges transversaux au sein du LATTS sur les smart cities. Sur ce thème, le LATTS est présent dans un réseau européen coordonné et financé par l’ARL, une agence de recherche allemande, qui sera actif pour trois ans.

Le projet Villes et Transitions Energétiques (VITE !),  financé par l’ANR, coordonné par le LATTS et regroupant plusieurs équipes autour du LabEx Futurs Urbains se poursuit, en prolongeant la voie d’analyse sur les transitions énergétiques urbaines ouverte par des projets récents dans une démarche d’interdisciplinarité radicale (sciences sociales – sciences de l’ingénierie et de l’environnement). Trois demi-journées d’étude ont été organisées en février 2016 autour de la problématique des territoires de l’autonomie énergétique.

Guillerm Blanchard et Zélia Hampikian ont poursuivi sur cette question en organisant un workshop en juin 2016 sur l’autonomie énergétique urbaine avec des présentations portant sur les modèles techniques, les cadres politico-économiques et les trajectoires territoriales des projets et stratégies visant des formes diverses et relatives de « décentralisation », « déconnexion », « indépendance » du réseau centralisé et/ou de ses parties prenantes.

Sur ce même thème, deux doctorants ont achevé et soutenu leurs travaux de thèse. Zélia Hampikian a étudié les reconfigurations des réseaux d’énergie face à la promotion et à l’essor de systèmes d’échanges d’énergie entre activités urbaines. À travers des études de cas à Dunkerque, Marne-la-Vallée et Lyon, elle s’est intéressée aux circulations de chaleur ou d’électricité au sein des espaces urbains et à leur conséquence sur la co-construction des réseaux et de la ville. De son côté, Benoît Boutaud a interrogé la notion de transition énergétique à travers un regard sur le centralisme et la décentralisation dans la régulation du système électrique français.

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