Infrastructures Numériques – InfraNum

Animateurs : Alexandre Mathieu Fritz et Dilara Trupia

Infrastructures numériques est un axe destiné à explorer ce qu’il advient des infrastructures à l’ère du numérique. Les fonctionnements techniques, depuis la révolution industrielle particulièrement, reposent de façon décisive sur l’installation et la maintenance d’infrastructures (de transport de personnes, d’acheminement d’énergie, de fourniture de services…). Si nous sommes supposés entrer dans une époque marquée par la reconstitution permanente et instantanée des réseaux au gré des variations de nos besoins, de nos identités, de nos communautés d’échange, et si Internet est présenté comme permettant une flexibilité infinie, les infrastructures n’ont peut-être pas disparu et sont même éventuellement de plus en plus au coeur du fonctionnement technique contemporain. L’axe cherche à identifier et analyser la place, les modalités, les effets des infrastructures de l’économie et de la société numériques. Il peut s’agir d’infrastructures typiquement liées à l’essor d’Internet : Facebook et les autres réseaux sociaux ne sont-ils pas au fond, derrière ce qui est appelé plate-forme, des infrastructures rendant possibles des liens sociaux et leur donnant leur forme ? Réciproquement, Internet et les systèmes de communication contemporains peuvent avoir besoin d’infrastructures parfaitement classiques, comme des câbles, et connaître là une certaine vulnérabilité. Amazon a besoin d’entrepôts. Il peut aussi s’agir de la façon dont les infrastructures vont, d’une manière générale, devenir des supports de collecte de données et, à l’aide de capteurs et d’instruments divers, s’ajuster en fonction du traitement de ces données, comme par exemple les autoroutes numériques.

Ainsi, cet axe est également porteur de thèmes liés aux risques, qu’ils soient environnementaux, techniques, urbains, ou encore sanitaires. Volontairement transversales du point de vue des risques traités, les opérations de recherche sont orientées vers la compréhension des modalités de fonctionnement des infrastructures qui visent à identifier et gérer les situations d’incertitudes scientifiques et techniques. Ce thème émergent pourrait donner lieu à la création d’un axe dédié aux « Risques urbains et environnementaux ».

Programme des séminaires de l’axe Infranum 2016-2017

 

Faits marquants 2016 de l’axe Infrastructures Numériques

L’axe regroupe une dizaine de membres, dont une part importante de doctorant-e-s souvent sous contrat Cifre. À la croisée de la sociologie de l’innovation, du numérique, du travail et de l’économie, leurs travaux portent sur des objets tels que les compteurs électriques communicants, les espaces de coworking, les transformations du travail à l’œuvre dans de multiples mondes professionnels (la vente dans les télécommunications, la télémédecine, etc.), les travailleurs indépendants des plateformes, les milieux syndicaux, les objets connectés dans les politiques de santé au travail, ou encore les cartes de crédits. Ils s’attachent à la compréhension des innovations et des trajectoires techniques, à l’heure du numérique, d’objets de recherche qui sont traditionnellement ceux du laboratoire (grands réseaux techniques, Internet, outils de gestion mobilisés par des réseaux d’innovateurs comme les entrepreneurs indépendants ou les ingénieurs et de leurs mondes professionnels issus du privé et du public).

En 2016, ces derniers ont publié différents articles et ont participé à nombre de colloques ou de restitutions scientifiques auprès de grands groupes privés. Cette année a été également consacrée à l’opportunité de prolonger les échanges scientifiques de l’axe Infrastructures numériques initiés l’année précédente. L’axe a travaillé principalement sous la forme d’un séminaire (8 séances collectives pour l’année 2016, dont 1 séance avec l’axe RUE). Les séances ont été consacrées à la présentation de travaux de chercheurs membres de l’axe ou d’autres axes du laboratoire, mais aussi de chercheurs universitaires extérieurs, nourrissant la compréhension des mondes ouvriers de la logistique, de l’usage de capteurs de la mise en crue de la Seine, ou des nouvelles modalités de détection de la fraude à la consommation. Le séminaire a réuni à chaque fois une quinzaine ou une vingtaine de personnes (chercheurs et doctorants du LATTS, étudiants, chercheurs extérieurs). Toutes les séances ont été ouvertes avec succès à l’ensemble du laboratoire. L’année a aussi été marquée par les soutenances d’HDR (Alexandre Mathieu- Fritz sur la télémédecine) et de thèse (Thomas Jammet sur le web social, Baptiste Kotras sur l’opinion en ligne).

 

 

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