Conquérir la mer, planifier l’éolien offshore (2009-2026)
Le projet en bref
Année de début : 2022
Année de fin : 2025
Responsable scientifique : François-Mathieu Poupeau
Axe de recherche : Gouverner, organiser, travailler (GOT)
en cours
Présentation
Résumé du projet de recherche
Cette thèse raconte l’histoire d’une conquête, celle de l’énergie sur la mer. Depuis le début des années 2000, l’éolien en mer cherche à se développer en France, passant de technologie d’appoint tournée vers l’export à véritable pilier massifié du mix électrique (45GW à horizon 2050). Le secteur électrique s’est développé, structuré autour d’acteurs et d’institutions qui partagent des normes, des valeurs communes et un objectif bien précis : faire de l’éolien en mer français une réalité dans le cadre d’une transition énergétique de plus en plus pressante.
Mais voilà, la mer n’est pas un espace vide : peu connue de l’énergie, peuplée de mondes hétérogènes allant du transport à la pêche en passant par la marine et les marsouins : c’est tout un ensemble de secteurs qui existent là depuis des décennies, des siècles, et avec lequel il faut maintenant composer quotidiennement. Et le secteur maritime, porteur notamment de la planification maritime, ne compte pas laisser s’implanter la cinquantaine de parcs éoliens prévus sans réagir : de l’action directe aux négociations de couloirs et aux appels au Président de la République, l’action publique énergétique en mer doit donc coopérer avec un autre secteur aux valeurs, normes et rapports de forces substantiellement différents.
Au cœur de l’analyse, la planification de l’éolien en mer, mise à l’agenda politique au début des années 2020 et faisant travailler quotidiennement État et acteurs autour de deux objectifs : développer l’éolien (1) et l’implanter en mer (2). Dans ce contexte, un facteur essentiel : personne ne revendique l’usage exclusif de la mer. Dès lors, la conquête n’est pas une guerre de tranchée : elle est au contraire négociée, traduite, (re)politisée. Loin de s’en tenir à un seul prisme technico-économique, un “gisement”, la planification de l’éolien en mer est aussi une affaire de gouvernement et de mise en mouvement de systèmes d’acteurs hétérogènes. Pour comprendre comment, en 2022, 40GW ont pu être annoncés et comment la problématique de l’accès à l’espace a pu être institutionnalisée pour devenir l’enjeu structurant de cette première moitié de décennie 2020, nous avons questionné la capacité de l’État à s’organiser en interne et à l’externe pour honorer ses objectifs. Il en ressort l’émergence progressive d’une coalition de « bâtisseurs », énergétiques et maritimes, agissant afin de promouvoir les conditions d’une planification spécifique et de la projeter sur le territoire ».
La thèse, en sociologie politique de l’action publique, se base sur 137 entretiens menés à échelle nationale (ministres, cabinets, administrations centrales, opérateurs, industriels, associations environnementales) et territoriales (services déconcentrés de l’État, élus, pêcheurs, associations environnementales). Elle s’appuie aussi sur plusieurs terrains d’observations (débats publics ; administration centrale).
Équipe du projet
Coordonnateur·trice
Responsable scientifique
Participant.es
Financement et partenariats
Financeurs
- RTE – Réseau de transport d’électricité (de 2022 à 2025), suivi assuré par Jordane Provost et David Game (R&D RTE)
Valorisation
Actions :
- Organisation de journées d’études en juillet 2024 : « la renaissance de la figure de l’Etat planificateur » avec François-Mathieu Poupeau et Charlotte Marcilliere
- Coordination d’un numéro de revue (revue française d’administration publique) avec Charlotte Marcilliere et François-Mathieu Poupeau
Articles :
- « Se positionner comme arbitre et régulateur des conflictualités locales : l’État déconcentré et le développement des énergies renouvelables » avec François-Mathieu Poupeau, revue Droit et Société (à paraître)
- « Planifier l’espace, une opportunité pour la coordination gouvernementale de la mer », Revue française d’administration publique (à paraître)
- « Introduction au numéro de revue » avec François-Mathieu Poupeau et Charlotte Marcilliere, Revue française d’administration publique (à paraître)