Si les gares sont des écosystèmes digitaux, pourquoi ne retrouve-t-on pas les bagages perdus ?
Catégorie : Chapitre d'ouvrage
Auteur(s) : Arina Rezanova
Éditeur : Presses universitaires de Vincennes
pp. 127-141
Année de publication : 2024
Résumé :
L’un des aspects anxiogènes du voyage en train est la perte de bagages et d’effets personnels. Cette expérience à la fois banale et fréquente (plus de 8 000 interventions de la police des gares par an) est en forte croissance (+30 % d’objets perdus depuis deux ans dans le réseau ferré français) (Poingt 2021). Elle crée un double problème. Du côté des voyageurs, la perte cause du stress (certains se font dérober leur thèse, d’autres un stradivarius). Du côté des gestionnaires de gare, elle perturbe le fonctionnement de la gare, car l’élément n’est plus rapporté au bureau des objets trouvés (les derniers ont fermé après les attentats de 2015). Depuis, la réponse est fournie par les industries de la communication technologique et de nombreux instruments sont déployés : caméras, applications de tracking, etc. La transformation de la manière dont se gère le problème des objets trouvés permet d’aborder la grande gare métropolitaine comme une construction socio-technique au sein de laquelle s’articulent des flux logistiques, donc physiques (les mouvements de trains, de piétons et d’innombrables sacs, valises, etc.) et des flux d’informations immatériels. Elle permet d’explorer ces infrastructures comme des écosystèmes digitaux dont on cherchera à comprendre les logiques de production et les conditions d’interaction avec les voyageurs.
Référence HAL : hal-05311245
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