La revue Flux décerne un Prix pour les jeunes chercheurs et chercheuses qui ont publié dans ses colonnes. Ce prix s’adresse aux jeunes chercheurs et chercheuses en thèse ou ayant soutenu leur thèse cinq ans au plus avant l’année du prix. Le prix est décerné l’année d’après publication.
Pour 2026, exceptionnellement la revue a décidé de remettre un premier prix ainsi qu’un second prix. Le comité de sélection est composé de membres du comité de rédaction de la revue. L’évaluation est réalisée selon des critères d’originalité scientifique, de qualité d’écriture, d’engagement dans le terrain (entendu au sens large : étude(s) de cas, archives, corpus de données quantitatives, corpus d’œuvres littéraires, etc.), et d’apport pour la revue. Les articles issus de thèses seront particulièrement appréciés, avec une attention au matériau empirique (terrain, archives, et autres).
Les prix
Le prix pour ces articles publiés en 2025 est doté de 1 500 euros.
Le premier prix 2026 est attribué à Alix CHAPLAIN, titulaire d’un doctorat en études urbaines de l’Institut d’études politiques de Paris et enseignante-chercheuse contractuelle à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye, pour son article intitulé : « Quand les défaillances infrastructurelles recomposent les solidarités politiques : les fragmentations libanaises au prisme de l’accès à l’électricité » publié dans le numéro 139-140 sur la Citoyenneté et infrastructures urbaines de la revue Flux.
Ce travail explore comment la crise du réseau électrique libanais, symbole des défaillances de l’État, a transformé l’accès à l’électricité en un enjeu politique et social. Face aux coupures chroniques, les citoyens développent des solutions décentralisées, redessinant les rapports de pouvoir et révélant les fragmentations confessionnelles, économiques et territoriales du pays. L’article montre que le réseau et ses alternatives deviennent des espaces de contestation, de domination ou de solidarité, offrant une analyse inédite des dynamiques socio-matérielles dans une société en crise.
Le second prix 2026 est attribué à Ali MOHSIN, pour un article publié en anglais sur une anthropologie matérielle des infrastructures de la citoyenneté biométrique. Titulaire d’un doctorat en anthropologie et sociologie de l’Institut universitaire de hautes études internationales et du développement (GIDS) de Genève, il est actuellement chercheur postdoctoral au sein du Global Partnership Network (GPN) de l’université de Kassel, en Allemagne. L’article est intitulé : « Infrastructures of excess: Politics of biometric and data-based citizenship in Pakistan’s cash transfers program ».
Cet article interroge les subjectivités politiques engendrées par les régimes de protection sociale numériques, à travers l’étude des programmes d’allocations en espèces au Pakistan (BISP/EKP). En analysant ces dispositifs comme une infrastructure d’inclusion, il révèle comment ils structurent les expériences des femmes bénéficiaires, entre renforcement formel de leur citoyenneté et désillusions pratiques. Fondé sur une ethnographie menée à Lahore (2019-2022), le travail montre que les technologies numériques, censées faciliter l’accès aux droits, se transforment en une infrastructure d’excès : processus laborieux, chronophages, et contradictions profondes dans la relation à l’État. Une analyse critique des promesses et des limites des politiques sociales numérisées.
