Lauren Dixon – La gestion ordinaire de la ville à l’épreuve de la consommation de substances psycho-actives dans l’espace public parisien

En explorant le lien entre la drogue et la gestion ordinaire de la ville, cette thèse réunit des questions importantes en sciences politiques et en études urbaines. Elle se concentre sur la territorialité, la gouvernance et la gestion de la ville contemporaine en démêlant et en problématisant le drugs-planning nexus (Boland et al. 2020). En mobilisant la ville de Paris comme étude de cas, cette recherche explore la manière dont comment l’espace public est géré dans un contexte de consommation de substances psycho-actives en plein air. En particulier, comment les services de la ville (propreté, espaces verts, etc.) aménagent, gèrent et entretiennent les voies, parcs, jardins et squares publics qui sont également utilisés comme lieux de consommation. Cette thèse établit la relation entre la drogue et l’urbanisme en mettant en lumière le rôle des agents municipaux chargés de la propreté, des espaces verts et de la voirie, qui sont confrontés au quotidien à la consommation de substances psycho-actives en espace public. Depuis le début des années 2000, les personnes qui consomment des substances psycho-actives, bien que concentrées dans le nord-est de Paris, sont régulièrement déplacées à la suite d’expulsions et d’interventions policières. Compte tenu du cadre légal français interdisant à la fois la vente et la consommation de substances illicites, les pratiques de consommation restent très stigmatisées. Par conséquent, lorsque les services travaillant dans l’espace public sont confrontés à des pratiques contestées, ils entrent dans un réseau complexe et fragmenté. Des nouveaux protocoles sont créés et les différents services coopèrent avec de nouveaux acteurs extérieurs au domaine de l’entretien de l’espace public (entreprises privées, police, professionnels de la santé, chercheurs ou travailleurs en réduction des risques). Dès lors, la gestion de l’espace public devient un acte qui s’inscrit dans le cadre de la politique de la drogue et finit par modifier les opérations quotidiennes des services de la Ville.

Mots-clés

Drogues - Espace public - Gouvernance urbaine - Droit à la ville - Politique urbaine Réduction des risques et des dommages (RDRD)