Fin : 11 septembre 2026 à 00:00
Présentation
Le LATTS a le plaisir d’annoncer que la soutenance de thèse de Lauren Dixon aura lieu le vendredi 11 septembre 2026 (horaire à définir), à l’École nationale des ponts et chaussées (salle à définir), sur le campus de la Cité Descartes. Sa thèse est intitulée :
« La gestion ordinaire de la ville à l’épreuve de la consommation de substances psycho-actives dans l’espace public parisien »
Cette thèse de doctorat a été réalisée au sein du LATTS, sous la direction d’Elsa Vivant, Professeure en études urbaines.
Composition du jury
- Thomas Alguilera, Maître de conférences, Sciences Po Rennes, Examinateur
- Delphine Corteel, Professeure, Université de Tours, Examinatrice
- Geoffrey Deverteuil, Professeur, Université de Cardiff, Rapporteur
- Tommaso Vitale, Doyen, École urbaine de Sciences Po Paris, Rapporteur
- Djemila Zeneidi, Directrice de recherche, CNRS, Examinatrice
Résumé de la thèse
Le phénomène des « scènes ouvertes de la drogue », où les usagers de drogue se réunissent et consomment dans l’espace public, n’est pas nouveau. Depuis près de trente ans, Paris est confronté à cette problématique, notamment dans le nord-est de la ville – concentrant des usagers de crack très marginalisés dans leur majorité. Depuis le début des années 2000, les toxicomanes, bien que concentrés dans le Nord-Est, se déplacent constamment suite aux expulsions et aux interventions policières. Cela se répercute sur la capacité de chaque acteur à s’organiser, à défendre ses intérêts et à s’approprier les espaces. Plus récemment, les conflits entre les consommateurs de crack et les riverains de Stalingrad et des Jardins d’Éole mettent en évidence les tensions entre les différents usagers de l’espace public.
Le plan triennal “anti-crack” lancé en juin 2019 rassemble plusieurs acteurs mais malgré ce plan dédié, l’État et la municipalité ne parviennent pas à s’accorder sur des solutions. Cette controverse publique prend une nouvelle forme. A ce jour, le seul consensus qui a été établi est que ce qui a été fait au cours des trente dernières années, ne fonctionne pas. Politiques de tolérance zéro, apaisement de la voie publique avec une présence policière renforcée, interpellation des dealers, espaces de repos, salles de consommation… le débat est vaste. Ces questions sont particulièrement pertinentes aujourd’hui, où il existe plusieurs projets de rénovation urbaine dans les quartiers les plus touchés par la scène ouverte.
Cette thèse s’articule autour de deux axes principaux. Le premier est d’analyser la politique de la ville en réponse à la consommation de crack dans l’espace public et comment les différents acteurs peuvent faire entendre leur voix (et lesquelles sont prises en compte ?) et le deuxième et de questionner les usages et appropriations de l’espace public et les tensions qui en résultent.