Ismaïl Hamoumi – L’institutionnalisation de la ville intelligente : entrepreneurs publics, interstices et circulation des modèles

La thèse analyse comment la « ville intelligente » s’institutionnalise au sein de collectivités territoriales françaises. Elle mobilise les concepts d’entrepreneur public local, d’interstice, de circulation des modèles et de traduction. Elle porte sur trois terrains différenciés : La Rochelle, ville moyenne, Paris-Saclay, composante d’une métropole, et la Communauté de Communes du Pays Haut Val d’Alzette territoire rural à la frontière luxembourgeoise. De manière transversale aux trois terrains, il ressort une quête d’existence des directions en charge des systèmes d’information. Leurs directeurs, véritables entrepreneurs publics locaux, parfois avec des élus, occupent un rôle pivot : ils tirent parti des interstices institutionnels pour expérimenter localement des dispositifs sociotechniques (plateformes de données urbaines, services numériques) et s’efforcent d’intéresser d’autres acteurs locaux à ces innovations numériques, et de renforcer par là leur propre collectivité territoriale. Ces initiatives ne naissent pas hors contexte : les financement nationaux et européens apparaissent essentiels comme la présence de divers conseillers et consultants. Ces projets situés s’inscrivent ainsi dans une circulation dynamique et parfois contestée de divers modèles publics et privés. Dans tous les cas, le processus de cristallisation qui conduit à la banalisation de la « ville intelligente » est l’objet d’un long processus fait de répétitions, de déplacements et d’extension.

Mots-clés

Ville Intelligente - Institutionnalisation - Entrepreneurs publics - Interstices - Circulation - Modèles