Arrivée de Lauren Dixon, doctorante au LATTS

Directrice de thèse : Elsa Vivant

Le phénomène des « scènes ouvertes de la drogue », où les usagers de drogue se réunissent et consomment dans l’espace public, n’est pas nouveau. Depuis près de trente ans, Paris est confronté à cette problématique, notamment dans le nord-est de la ville – concentrant des usagers de crack très marginalisés dans leur majorité. Depuis le début des années 2000, les toxicomanes, bien que concentrés dans le Nord-Est, se déplacent constamment suite aux expulsions et aux interventions policières. Cela se répercute sur la capacité de chaque acteur à s’organiser, à défendre ses intérêts et à s’approprier les espaces. Plus récemment, les conflits entre les consommateurs de crack et les riverains de Stalingrad et des Jardins d’Éole mettent en évidence les tensions entre les différents usagers de l’espace public.

Le plan triennal “anti-crack” lancé en juin 2019 rassemble plusieurs acteurs mais malgré ce plan dédié, l’État et la municipalité ne parviennent pas à s’accorder sur des solutions. Cette controverse publique prend une nouvelle forme. A ce jour, le seul consensus qui a été établi est que ce qui a été fait au cours des trente dernières années, ne fonctionne pas. Politiques de tolérance zéro, apaisement de la voie publique avec une présence policière renforcée, interpellation des dealers, espaces de repos, salles de consommation… le débat est vaste. Ces questions sont particulièrement pertinentes aujourd’hui, où il existe plusieurs projets de rénovation urbaine dans les quartiers les plus touchés par la scène ouverte.

Cette thèse s’articule autour de deux axes principaux. Le premier est d’analyser la politique de la ville en réponse à la consommation de crack dans l’espace public et comment les différents acteurs peuvent faire entendre leur voix (et lesquelles sont prises en compte ?) et le deuxième et de questionner les usages et appropriations de l’espace public et les tensions qui en résultent.

The phenomenon of “open-air drug scenes”, where drug users gather and consume in public space, is not new. Paris has grappled with this situation for almost thirty years, especially in the north-east of the city. Since the early 2000s, drug users, although concentrated in the Northeast, are regularly displaced as a result of evictions and police interventions. This has impacted each actor’s ability to organize, defend their interests and appropriate space. More recently, the conflict between a majority of very marginalized crack users and those living near Stalingrad and the Jardins d’Éole highlight the tensions between different public space users.

The three-year « anti-crack » plan launched in June 2019 brings together numerous actors, but despite this, state and municipal actors have struggled to agree to a solution. This public controversy is taking on a new form. To date, the only established consensus is that what has been done over the past thirty years, has fallen short. Zero tolerance policies, reinforced police presence, arresting drug dealers, rest areas, safe consumption rooms… the debate is vast. These issues are particularly relevant today, where there are several urban renewal projects in the neighborhoods most affected by open drug use.

This thesis is articulated around two main axes. The first is to analyze the city’s policy in response to crack use in public space and how various actors make their voices heard (and which ones are taken into account) and the second is to question the uses and appropriations of public space and the tensions that arise.

Année d’inscription en thèse : 2021

Ecole doctorale : Ville, transports et Territoires

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