Savoirs, Cultures techniques, Territoires – SCT

Animateurs : Konstantinos Chatzis et Nathalie Roseau

L’axe SCT s’attache à la compréhension des cultures et trajectoires techniques au cours de trois derniers siècles, avec une focalisation particulière sur des objets qui constituent traditionnellement des terrains importants pour le laboratoire, tels que l’aménagement des villes et des territoires, les infrastructures et réseaux techniques ou les « hommes de l’art » et leurs communautés professionnelles. Pour ce faire, l’axe privilégie trois angles d’attaque. Le premier vise à éclairer les différentes mutations, voire les ruptures, que connaissent les sociétés contemporaines dans leur rapport aux techniques et à l’espace par la mise en regard avec d’autres périodes antérieures de transformation accélérée, comme la première et la seconde révolution industrielle ou la période qui s’ouvre avec la Libération. Cette approche, mobilisant la longue durée et permettant d’établir des comparaisons dans le temps, a son pendant « spatial » par le parti pris systématique de mise en regard de contextes nationaux différents ainsi que par la mise en oeuvre d’une perspective transnationale qui souligne l’importance des circulations de savoirs et de pratiques, d’hommes et d’objets, d’imaginaires et de représentations. Enfin, confrontant et combinant approches herméneutiques propres aux humanités et outillage intellectuel des sciences sociales, les membres de l’axe s’attachent à élucider par quelles voies la pensée « abstraite » – les savoirs, les représentations et les doctrines techniques, dans leur dimension culturelle et idéologique, voire utopique – concourt à la transformation du monde matériel, éclairant ainsi une dimension fondamentale mais insuffisamment étudiée des cultures techniques.

 

Bilan 2015 de l’axe SCT

Parmi les faits marquants de l’année, citons en premier lieu la participation de plusieurs membres de l’équipe au projet ANR « Le Saint-simonisme : une utopie innovante à revisiter ». Ce dernier mobilisera pour la période 2015-2018, sous la coordination de Michel Bellet (Laboratoire GATE Lyon Saint-Etienne, UMR 5824), plusieurs chercheurs appartenant à quatre centres de recherche dont le LATTS. Plus précisément K. Chatzis, N. Montel et A. Picon (le responsable scientifique pour l’équipe du LATTS) ont commencé à travailler sur les thèmes suivants : « Le saint-simonisme comme religion » (A. Picon) et « Travaux publics, science et innovations » (K. Chatzis, N. Montel, A. Picon).

En 2015, des membres de l’équipe ont participé activement à l’animation de deux projets « transversaux » importants du laboratoire. Ainsi K. Chatzis anime la rédaction d’un ouvrage collectif sur les infrastructures aujourd’hui, dont la rédaction est assurée entièrement par les chercheurs du LATTS, et qui doit permettre, entre autres, de faire dialoguer des travaux portant sur les infrastructures traditionnelles et sur les infrastructures numériques. Ce projet, qui a bénéficié d’un séminaire de travail tenu à Etretat les 25-26 juin 2015, est en phase terminale; la dernière version de chapitres (dont trois sont dûs à des membres de l’équipe) est attendue pour le moi de juillet 2016. Dans la continité de ses travaux sur les « smart cities » A. Picon anime avec S. Bernardin un séminaire réunissant des chercheurs du LATTS et du LEESU sur le thème de la « ville intelligente ». Les premières sessions du séminaire, qui a vocation à se poursuivre dans les années à venir en s’ouvrant sur d’autres centres de recherche, ont été consacrées à une exploration bibliographique du sujet et une analyse d’« expériences » réalisées. Le séminiare bénéficie d’un travail de thèse en cours, effectuée par M. Veltz sous la direction d’Antoine Picon et portant justement sur la « ville intelligente » à Nice.

En 2015, l’équipe a poursuivi sa contribution au programme Inventer le Grand Paris (Zoom infra). N. Roseau a coorganisé le colloque international dédié à la période 1940-1965 (décembre, Petit Palais) de l’histoire de l’aménagement du Grand Paris, colloque dont les actes sont en cours d’édition. Le programme se poursuit en 2016 avec le dernier colloque ainsi que la mise en place du site numérique dédié au programme de recherche et préfigurant le musée virtuel du Grand Paris.

Les commentaires sont clos.