Risques urbains et environnementaux – RUE

 

Animateurs : Jonathan Fayeton et Valérie November

Considéré depuis le début comme un programme de recherche émergent, un axe s’est nouvellement constitué et s’intitule : RUE – Risques Urbains et Environnementaux.

L’axe RUE s’intéresse à la rencontre des problématiques issues du risque avec celles liées à la question urbaine. Mêlant différentes disciplines et approches de ces questions, l’intention est de re-visiter la question urbaine au travers des risques et réciproquement. La question de savoir si le « risque urbain » est un objet au sein du domaine des risques ou de l’urbain, ou s’il s’agit plutôt d’une perspective spécifique sur les risques et l’urbain demeure en débat et constitue un questionnement fort de l’axe.

L’entrée par les mondes techniques, et l’analyse des outils et dispositifs mis en oeuvre par les acteurs permet de repenser ces questions à nouveaux frais sans pour autant devoir mettre de coté la connaissance existante dans les deux domaines. Il est même postulé que cette entrée par les mondes techniques permet de saisir ensemble des aspects que d’autres approches tendent à autonomiser.

Pour sa première année, le séminaire de l’axe RUE se propose questionner la notion de « Risque Urbain » à partir de la (re)lecture croisée de divers textes, plus ou moins récents. L’objectif étant de faire un état de l’art critique sous le feu des regards venant du risques et de ceux venant de l’urbain, afin de construire un corpus commun et une posture permettant vraiment d’articuler nos différentes approches.
Les séances, exigeantes en termes de préparation, auront lieu tous les deux mois environs.

 

Faits marquants 2016 de l’axe RUE

Les séminaires

Les membres de l’axe se sont réunis lors de trois séminaires en 2016. Un premier séminaire a consisté en une lecture critique d’une série de texte des années 1990 qui ont utilisé la notion de « risque urbain » : Les insécurités urbaines (J.- P. Galland, C. Dourlens et P. Vidal-Naquet, 1993) ; Les risques urbains (Ansidei et al., 1998) ; La ville et ses dangers (C. Chaline, J. Dubois-Maury, 1994) ; Risque urbain (Collin, 1995). Les lectures et réflexions ont été orientées sur la façon dont chaque ouvrage fait se rencontrer l’urbain et le risque. Si l’urbain n’a pas l’exclusivité de tel ou tel risque, le critère de la localisation dans un milieu urbain ne semble pas suffisant pour définir le « risque urbain ». Plus qu’une distinction entre risque urbain et autre risque, c’est la graduation qui semble déterminante : chaque risque a un impact urbain plus important du fait de la densité de population et de la concentration de risques. L’interdépendance des réseaux et des infrastructures l’illustre clairement. Un deuxième séminaire a porté sur une lecture critique des travaux de Beck. L’objectif était de revenir vers La société du risque, un livre largement cité dans les études sur les risques mais ne servant souvent qu’à légitimer l’objet de recherche. Beck étudie le risque dans la mesure où la façon dont la société le gère est symptomatique de transformations politiques, économiques et sociales plus large. Revenir sur ce texte majeur a permis de voir quels aspects de la pensée de Beck ont été mobilisés ou délaissés dans les études sur le risque et comment il peut aider à penser la relation risque-urbain. Enfin, un troisième séminaire a eu lieu autour du thème « Capter les risques en ville », en collaboration avec l’axe InfraNum. Vincent Parquet, stagiaire au sein du projet Euridice, a présenté ses travaux sur les « Capteurs et mise en crue de la Seine » et Laurence Créton-Cazanave sur les « Capteurs et enjeux du monitoring ». Ces présentations faisaient un retour de l’exercice de crise EU Sequana (autour de la crue de la Seine), étudié dans le cadre du programme de recherche Euridice. La discussion est notamment revenue sur la construction de la fiabilité et de la confiance des capteurs (et des mesures qu’ils effectuent), ainsi que sur les enjeux de communication et de compréhension inter-professionnels (les mesures malgré leur valeur de seuils dans les plans de gestion de crise, ne sont jamais exemptes d’interprétations).

Sélection de terrains d’enquête des membres de l’axe

Jonathan Fayeton effectue sa thèse sur les exercices de gestion de crise organisés par la Préfecture de police de Paris. L’année 2016 a été marquée par la réalisation d’une enquête multi-située à l’occasion de l’exercice EU Sequana 2016 de simulation d’une crue centennale de la Seine en mars, à laquelle ont participé de nombreux observateurs coordonnés par l’équipe du programme de recherche Euridice. Les autres exercices observés traitaient principalement de la menace terroriste, en préparation de l’Euro de football organisé à Paris (juin), sur la thématique Nucléaire, Radiologique, Biologique, Chimique (octobre) ou encore au Musée du Louvre (décembre). Sarra Kasri mène une thèse sur les relations dialectiques entre l’architecture et les risques « d’origine naturelle ». Son travail s’inscrit dans un cadre théorique qui articule les temporalités des productions morphologiques architecturales et urbaines. Au cours de l’année, elle a achevé son enquête de terrain à Tunis : elle a pu finaliser ses entretiens avec divers acteurs publics et privés mais aussi sa campagne de relevés et d’expertises de multiples bâtiments du centre-ville de Tunis. Un séjour exploratoire à Rhodes en Grèce en janvier a mis en perspective l’éventualité d’enrichir le corpus d’étude de cette recherche. Rina Kojima conduit une enquête de terrain dans la région de Fukushima, notamment avec ses habitants qu’elle a rencontrés lors de trois missions (mars 2015, septembre 2015 et septembre 2016). Lors de sa dernière mission, treize entretiens avec des habitants, y compris deux entretiens avec les maires et un entretien avec un élu local, ont été réalisés dans trois villes affectées : la ville de Naraha et le village de Kawauchi qui se situent dans la zone d’évacuation obligatoire après l’accident, ainsi que le quartier Watari dans la ville de Fukushima qui ne fait pas partie de la zone d’évacuation obligatoire malgré sa dose de radiation importante.

Perspectives

Pour l’année 2017, une séance du séminaire sera couplée avec un colloque international au Costa Rica : « Espaces et contextes de la gestion de risques », en partenariat avec la Faculté des Sciences sociales du Costa Rica, et porté par Sofia Guevara Viquez et Servane Gueben-Venière du LATTS. L’année 2017 devrait également être marquée par la sortie d’un ouvrage à la Documentation Française, issu de l’observation de l’exercice de crise EU Sequana, auquel de nombreux membres de l’axe ont participé : La crue du siècle en Île-de-France… Comment s’y préparer ? Quels plans d’urgence imaginer afin de gérer au mieux une inondation de grande ampleur ?

 

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