Risques urbains et environnementaux – RUE

 

Animateurs : Florent Castagnino, Laurence Créton-Cazenave et Valérie November

Considéré depuis le début comme un programme de recherche émergent, un axe s’est nouvellement constitué et s’intitule : RUE – Risques Urbains et Environnementaux.

L’axe RUE s’intéresse à la rencontre des problématiques issues du risque avec celles liées à la question urbaine. Mêlant différentes disciplines et approches de ces questions, l’intention est de re-visiter la question urbaine au travers des risques et réciproquement. La question de savoir si le « risque urbain » est un objet au sein du domaine des risques ou de l’urbain, ou s’il s’agit plutôt d’une perspective spécifique sur les risques et l’urbain demeure en débat et constitue un questionnement fort de l’axe.

L’entrée par les mondes techniques, et l’analyse des outils et dispositifs mis en oeuvre par les acteurs permet de repenser ces questions à nouveaux frais sans pour autant devoir mettre de coté la connaissance existante dans les deux domaines. Il est même postulé que cette entrée par les mondes techniques permet de saisir ensemble des aspects que d’autres approches tendent à autonomiser.

Pour sa première année, le séminaire de l’axe RUE se propose questionner la notion de « Risque Urbain » à partir de la (re)lecture croisée de divers textes, plus ou moins récents. L’objectif étant de faire un état de l’art critique sous le feu des regards venant du risques et de ceux venant de l’urbain, afin de construire un corpus commun et une posture permettant vraiment d’articuler nos différentes approches.
Les séances, exigeantes en termes de préparation, auront lieu tous les deux mois environs.

 

Bilan 2015 de l’axe RUE

Il faut tout d’abord noter que l’axe n’est né qu’à la rentrée 2015. Le premier semestre a donc été consacré au lancement. L’équipe d’animation a proposé plusieurs pistes de réflexion aux membres intéressés du laboratoire. Une première réunion de lancement a donc décidé de l’orientation générale pour l’année 2015-2016.

Pour sa première année, le séminaire de l’axe RUE s’est proposé de questionner la notion de « Risque Urbain » à partir de la (re)lecture croisée de divers textes, plus ou moins récents. L’objectif était de faire un état de l’art critique sous le feu des regards venant du risques et de ceux venant de l’urbain, afin de construire un corpus commun et une posture permettant d’articuler nos différentes approches. Le principal apport du séminaire pour le laboratoire est de créer un espace de discussion et de construction commune pour des chercheurs travaillant avec des perspectives différentes et jusqu’ici dissociées: les risques et l’urbain.

Un premier séminaire (février 2016) a consisté en une lecture critique d’une série de texte des années 1990 qui ont utilisé la notion de « risque urbain »: Les insécurités urbaines (J.-P. Galland, C. Dourlens et P. Vidal-Naquet, 1993) ; Les risques urbains (Ansidei et al., 1998) ; La ville et ses dangers (Chaline & Dubois Maury, 1994) ; Risque urbain (Collin, 1995). Chaque ouvrage a été présenté par un membre de l’axe, en faisant une lecture précise d’un chapitre. Les autres membres de l’axe devaient lire un autre chapitre d’un des ouvrages. Les lectures et réflexions furent orientées sur la façon dont chaque ouvrage fait se rencontrer l’urbain et le risque. Le texte s’intéresse-t-il à comment l’urbain travaille le risque et inversement ou est-ce qu’il ne porte, au fond, que sur l’un des deux? Quels sont les liens établis entre les deux: la forme urbaine détermine-t-elle les types de préventions des risques? L’attention à un risque transforme-t-elle le rapport à l’urbain? etc. Si l’urbain n’a pas l’exclusivité de tel ou tel risque, le critère de la localisation dans un milieu urbain ne semble pas suffisant pour définir le « risque urbain ». Plus qu’une distinction entre risque urbain et autre risque, c’est la graduation qui semble déterminante: chaque risque a un impact urbain plus important du fait de la densité de population et de la concentration de risques. L’interdépendance des réseaux et des infrastructures l’illustre clairement.

Un deuxième axe de réflexion lors de cette discussion fut le transfert de type de gestion d’un risque à l’autre. La question se pose notamment avec acuité en ce qui concerne les risques environnementaux et industriels d’un côté et les risques liés à la sécurité (délinquance, terrorisme). Le transfert de la conceptualisation et des technologies de gestion d’un type de risque à l’autre doit être étudié plus avant. Pourquoi et comment s’effectuent ces transferts et avec quelles conséquences pour la gestion des risques? A chaque type de gestion ce sont des dimensions du risques qui sont privilégiées ou ignorées, dessinant une spatialité spécifique du risque.

La seconde séquence programmée du séminaire s’articulera autour d’une relecture des travaux de Beck et de travaux contemporains qui reviennent sur son œuvre. L’objectif est de revenir vers un livre largement cité dans les études sur les risques mais ne servant souvent qu’à légitimer l’objet de recherche. Beck étudie le risque dans la mesure où la façon dont la société le gère est symptomatique de transformations politiques, économiques et sociales plus large (chez Beck la modernité réflexive). Il s’agira de revenir sur le texte majeur de La société du risque afin de voir quels aspects de la pensée de Beck ont été mobilisées ou délaissées dans les études sur le risque, et de voir comment il peut aider à penser la relation risque-urbain.

Pour l’année prochaine (2016-2017), le séminaire se poursuivra dans cette optique, et avec pour perspective le portage (notamment via Sofia Guevara) d’un colloque international au Costa Rica: « Espaces et contextes de la gestion de risques », en partenariat avec la Faculté des Sciences Sociales du Costa Rica.

Les commentaires sont clos.