Hugo Cordier

Présentation de la thèse

 

“Conquérir la mer : la planification de l’éolien offshore en France (2009-2025)” 

Sous la direction de François-Mathieu Poupeau. 

Cette thèse raconte l’histoire d’une conquête, celle de l’énergie sur la mer. Depuis le début des années 2000, l’éolien en mer cherche à se développer en France, passant de technologie d’appoint tournée vers l’export à véritable pilier massifié du mix électrique (45GW à horizon 2050). Le secteur électrique s’est développé, structuré autour d’acteurs et d’institutions qui partagent des normes, des valeurs communes et un objectif bien précis : faire de l’éolien en mer français une réalité dans le cadre d’une transition énergétique de plus en plus pressante.

Mais voilà, la mer n’est pas un espace vide : peu connue de l’énergie, peuplée de mondes hétérogènes allant du transport à la pêche en passant par la marine et les marsouins : c’est tout un ensemble de secteurs qui existent là depuis des décennies, des siècles, et avec lequel il faut maintenant composer quotidiennement. Et le secteur maritime, porteur notamment de la planification maritime, ne compte pas laisser s’implanter la cinquantaine de parcs éoliens prévus sans réagir : de l’action directe aux négociations de couloirs et aux appels au Président de la République, l’action publique énergétique en mer doit donc coopérer avec un autre secteur aux valeurs, normes et rapports de forces substantiellement différents.

Au cœur de l’analyse, la planification de l’éolien en mer, mise à l’agenda politique au début des années 2020 et faisant travailler quotidiennement État et acteurs autour de deux objectifs : développer l’éolien (1) et l’implanter en mer (2). Dans ce contexte, un facteur essentiel : personne ne revendique l’usage exclusif de la mer. Dès lors, la conquête n’est pas une guerre de tranchée : elle est au contraire négociée, traduite, (re)politisée. Loin de s’en tenir à un seul prisme technico-économique, un “gisement”, la planification de l’éolien en mer est aussi une affaire de gouvernement et de mise en mouvement de systèmes d’acteurs hétérogènes. Pour comprendre comment, en 2022, 40GW ont pu être annoncés et comment la problématique de l’accès à l’espace a pu être institutionnalisée pour devenir l’enjeu structurant de cette première moitié de décennie 2020, nous avons questionné la capacité de l’État à s’organiser en interne et à l’externe pour honorer ses objectifs. Il en ressort l’émergence progressive d’une coalition de « bâtisseurs », énergétiques et maritimes, agissant afin de promouvoir les conditions d’une planification spécifique et de la projeter sur le territoire ».

La thèse se base sur 136 entretiens menés à échelle nationale (ministres, cabinets, administrations centrales, opérateurs, industriels, associations environnementales) et territoriales (services déconcentrés de l’État, élus, pêcheurs, associations environnementales). Elle s’appuie aussi sur plusieurs terrains d’observations (débats publics ; administration centrale).

Publications

Coordination avec Charlotte Marcilliere et François-Mathieu Poupeau du numéro de revue « La renaissance de la figure de l’État planificateur ». Revue française d’administration publique – En cours

 

« Planifier l’espace, une opportunité pour la coordination gouvernementale de la mer  », Revue Française d’Administration Publique – En cours

 

« Se positionner comme régulateur des conflictualités locales : l’Etat déconcentré et son rôle dans le développement des énergies renouvelables » avec François-Mathieu Poupeau, dossier « L’action Publique Collaborative » pour la revue Droit et Société – En cours

 

Mesnil, C., Zaphiropoulo, J. et Cordier, H. (2024). Introduction. Dans Bartolomei, M., Beaucire, F. et Passalacqua, A. (dir), La mer, l’éolienne et le citoyen Les nouveaux territoires de l’énergie. (p.257 -261). Hermann.

Interventions, animations de la vie scientifique

Organisation des journées d’études, « la Renaissance de la figure de l’État planificateur » avec Charlotte Marcilliere et François-Mathieu Poupeau, 3 et 4 juillet 2025.

Discussion, séminaire « Appréhender les relations entre paysages, risques et territoires industriel », LATTS, juin 2025.

Communication, Symposium « Energy Transitions and Marine Environments: Conflicts, Cooperation, and International Regulation », organisé par le Geo-legal Working Group of the European Research Platform on Energy and Climate Law, United Nations Ocean Conference, juin 2025.

Intervention, podcast « Ingenius » de l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées, avril 2025.

Présentation de travaux, « Journée des doctorants » et création d’un poster de présentation de la thèse, RTE, novembre 2024

Organisation du séminaire « Construire son propos de thèse » avec Charlotte Marcilliere, LATTS, septembre 2024

Organisation du séminaire « L’État en quête d’une stratégie énergie-climat » avec une intervention de François-Mathieu Poupeau, interne RTE, avril 2024.

Communication, « Colloque pluridisciplinaire sur l’éolien en mer » organisé par ORACLE à Nantes, le 23 novembre 2023.

Communication, « Planifier l’éolien offshore, cadastrer la mer ? » au colloque « Dynamique des activités humaines en mer et planification de l’espace maritime », 5 juin 2023.

Organisation d’une plénière R&D, « La science-fiction et la prospective », 2 conférences et animation d’une table ronde, Interne RTE, avril 2021.

Animation de la communauté « Energie et Société », Interne RTE, 2020-2022.

Enseignements

2026 : Chargé de TD « Sociologie de l’État en contexte de transitions énergétiques », Sciences Po Paris, 24h

2026 : Cours M2, « Transition énergétique et urbanisme », École d’Urbanisme de Paris, 12h

2025 : Cours M2, « Transition énergétique et urbanisme », École d’Urbanisme de Paris, 12h

2024 : Cours M2, « Transition énergétique et urbanisme », École d’Urbanisme de Paris, 12h

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