Marie Veltz

Présentation

Directeur de thèse : Antoine Picon

Depuis plusieurs années, le terme de Smart City ou Ville intelligente est largement mobilisé par le secteur privé, les médias et un grand nombre d’acteurs publics pour mettre en avant les opportunités qui découleraient de l’intégration croissante des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans nos environnements urbains. La prolifération des données, couplée à d’énormes capacités de traitement et de calcul, rendrait possible une gestion optimisée de la ville articulée autour de différents objectifs : une plus grande efficacité de l’action publique et la résolution de divers problèmes techniques ; la création de nouveaux services et l’amélioration de la qualité de vie des citoyens ; un potentiel de développement économique et de création d’emplois.

De nombreux chercheurs et observateurs portent un regard critique sur ces promesses de la Smart City (Hollands, 2008 ; Luque et al. 2014) en pointant du doigt leur caractère réductionniste, dans un contexte où une longue tradition de travaux a montré la complexité de la ville, dont les mécanismes sociaux, politiques et économiques ne sauraient se réduire à un ensemble stable, objectivable et quantifiable. Les données mobilisées par la Smart City, en particulier, sont ainsi souvent présentées comme les représentations neutres d’une réalité objectivable, selon une posture qui ignore leur caractère socialement construit (Kitchin 2014).

La thèse s’intéresse à l’effet du numérique sur l’action publique urbaine au niveau local : que font les données à l’action publique locale ? Les politiques publiques évoluent-elles sous l’effet du numérique ? Voit-on apparaître un nouveau domaine de politique publique autour des enjeux liés à ce que les acteurs appellent la « gouvernance de la donnée » ? A partir de l’étude des cas de Nice, Rennes et Montpellier (et d’un voyage d’études à Singapour), l’enquête conduit à la formulation d’une hypothèse : le numérique bouscule le rôle de l’acteur public au niveau local et  amène les collectivités à réinterroger leur rôle et leurs missions. Un enjeu crucial devient alors pour ces acteurs de prendre une part dans des mutations sociétales profondes, de redéfinir les modalités d’exercice du service public et de préservation de l’intérêt général, dans un contexte qui voit se multiplier les offres privées entrant en complémentarité sinon en concurrence avec les services publics.

Année d’inscription en thèse : 2015
École doctorale : Ville, Transports et Territoires (VTT)

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