Direction de thèse : Olivier Coutard
Dans un contexte où les acteurs de l’aménagement tentent de se structurer et de s’équiper collectivement pour répondre aux contraintes environnementales multiples (décarbonation, adaptation au changement climatique, renaturation, compensation, etc.), les aménageurs se trouvent pris entre ces injonctions et un modèle économique qui les incite mécaniquement à artificialiser et bâtir toujours davantage pour financer leurs opérations. Ils témoignent de leurs difficultés, d’abord économiques mais aussi en matière d’outillage et de compétences, à faire atterrir ces enjeux et à respecter les limites planétaires dans le cadre de leurs opérations. Ce projet doctoral propose, à la croisée de questionnements opérationnels et académiques, de documenter et interroger l’écologisation des pratiques des aménageurs, c’est-à-dire comment ils tentent d’intégrer dans leurs opérations les enjeux portant sur le vivant, la matière et l’énergie. En particulier, ce projet étudiera le sujet des métriques écologiques : au-delà des indicateurs et des référentiels, quelles démarches permettraient aux aménageurs de questionner leurs choix d’aménagement et d’orienter les arbitrages vers des solutions plus écologiques ? Ce projet s’inscrit dans le cadre de la recherche ECOMODAM (Ecologisation du modèle économique des aménageurs), financée par l’ANR. Il articulera l’étude des comptabilités écologiques existantes et de la prise en compte des limites planétaires dans un périmètre opérationnel (écologie territoriale, métabolisme urbain, etc.), dans un cadre analytique de durabilité forte. En parallèle, le travail partenarial et les immersions auprès des aménageurs volontaires permettra de questionner le rôle des métriques écologiques dans les processus décisionnels des opérations et l’évolution de leurs pratiques professionnelles.
Année d’inscription : 2024
École doctorale : Ville, Transports et Territoires – VTT


