Cassandre Rey-Thibault : De la prévention des risques à la gestion de crise : les coulisses des scènes locales du risque dans les agglomérations françaises

Directrice de la thèse : Valérie November

Après chaque catastrophe, qu’elle soit dite d’origine « naturelle » (comme la tempête Xynthia en 2010), ou générée par un accident technologique (à l’image du récent incendie de l’usine Lubrizol à Rouen), l’ensemble des outils censés prévenir ces évènements et préparer leur éventuelle survenue sont régulièrement remis en cause : défaillances, mauvais usages, inadaptations sont pointés du doigt… Cette lecture fait de la gestion de ces risques un continuum bien organisé et constitué qui aurait failli par endroits. Pourtant ces modes d’actions sont loin de constituer le continuum présenté : au contraire le paysage français de la gestion des risques et des crises apparaît largement fragmenté, aussi bien par les réglementations, les outils déployés, les acteurs impliqués, etc. La mise en œuvre de ces différents outils à l’échelle locale pose alors la question de leur articulation, d’autant plus que nombre de compétences relatives à la gestion des risques et des crises ont été décentralisées ou confiées à des acteurs privés.

Au croisement de la géographie des risques et des crises, de la sociologie politique des administrations et des organisations, notre approche consiste à relever et analyser des espaces de pratiques communes entre problématique de prévention des risques et de gestion de crise, à l’échelle d’agglomération. Deux métropoles françaises sont étudiées : les villes de Nantes et du Havre, concernées ou ayant eu à affronter des situations qualifiées de risques majeurs, ont vu émerger de façon précoce et volontaire une action locale en matière de gestion de risque et de crise, propice à manifester ces enjeux d’articulation. En mobilisant un important travail empirique et une méthodologie qualitative (48 personnes rencontrées au cours de 67 situations d’entretiens, et 25 observations ethnographique supplémentaires), la thèse interroge l’émergence et l’organisation des « scènes locales du risque ». Elle vise à éclairer la prégnance des approches segmentées et rendre compte des tentatives de dépassement et de mise en circulation des savoirs, des pratiques et des outils entre les différentes logiques d’action sur les risques et les crises par les acteurs locaux en charge de ces questions.

Année d’inscription : 2017

Ecole doctorale : Ville, Transports et Territoires (VTT)

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