Florent Castagnino : Les chemins de faire de la surveillance. Une sociologie des dispositifs de sécurité et de sûreté ferroviaires en France.

Directrice de thèse : Valérie November

Contrôles d’accès, profilage commercial, vidéosurveillance « intelligente », mais aussi mesures des activités de travail, capteurs de produits toxiques, etc. sont autant de dispositifs de surveillance qui se multiplient. Ils sont l’objet de fortes critiques, que ce soit pour en dénoncer les effets nocifs ou pour réclamer leur renforcement. Cette thèse contribue à expliquer ces gestes critiques différenciés qui participent à l’actualisation de nos sociétés de surveillance et du risque. Elle propose une analyse qui réinscrit les pratiques de surveillance dans leurs contextes organisationnels, sociaux et pratiques, à partir de deux dispositifs : la prévention des accidents (dite sécurité) et la prévention des actes de malveillance (dite sûreté) dans le milieu ferroviaire en France. La recherche montre qu’en dépit de l’éloignement des problèmes considérés, les professionnels devant surveiller sont confrontés à des enjeux pratiques similaires. La thèse éprouve ce résultat d’abord d’un point de vue historique, en montrant que les premiers gestionnaires ferroviaires du XIXe siècle ont géré ces deux problèmes à partir d’un même dispositif disciplinaire. Après une spécification de ces enjeux au début du XXe siècle, l’analyse sociologique des pratiques actuelles souligne un rapprochement des mondes professionnels de la sécurité et de la sûreté ferroviaires, autour de la « gestion du risque ». Dans les deux cas, l’une des activités principales des professionnels de la sécurité et de la sûreté est de se séparer de certaines données, collectées dans leurs pratiques de surveillance. À partir de ces résultats, la thèse se propose de renouveler pour partie l’analyse des pratiques de surveillance. L’attention que la plupart des travaux sur la surveillance portent aux processus d’accumulation des données masque de fait les processus d’omission, de mise à l’écart ou de destruction de données. La thèse plaide alors pour une attention aux deux processus, d’accumulation et de séparation, pour mieux comprendre et pouvoir renouveler la critique des pratiques de surveillance.

Mots clefs : surveillance, risque, sécurité, sûreté, accident, délinquance, police ferrovoaire, critique

Soutenance de thèse le vendredi 17 novembre 2017

Doctorat en sociologie
Année d’inscription en thèse : 1er septembre 2012
Ecole doctorale : VTT – Ville, Transports et Territoires

Jury :
Mathilde Bourrier, Professeure ordinaire, Université de Genève (rapporteure)
Dominique Cardon, Professeur associé, Sciences Po
Anne-Cécile Douillet, Professeure des universités, Université Lille 2
Cédric Moreau de Bellaing, Maître de conférences, École Normale Supérieure
Valérie November, Directrice de recherche CNRS (LATTS) (directrice de thèse)
Gwenaële Rot, Professeure des universités, Sciences Po (rapporteure)

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