Le paradoxe sécuritaire d’un système de sécurité sur les tramways. L’hypothèse cognitive et les moyens de résoudre le paradoxe : l’expérience de Clermont-Ferrand

Robin Foot participera du 9 au 12 juillet 2019 à la 10ème conférence de psychologie ergonomique à Lyon dans le cadre d’un symposium sur « Charge mentale en situation à risque ».

Son intervention s’intitule : Le paradoxe sécuritaire d’un système de sécurité sur les tramways. L’hypothèse cognitive et les moyens de résoudre ce paradoxe : l’expérience de Clermont-Ferrand. 

Les dispositifs de veille ont pour fonction d’arrêter le tramway en cas de défaillance du conducteur. Le conducteur ne doit pas maintenir plus de dix secondes l’actionneur de veille ou le relâcher plus de deux secondes sinon une alarme sonore retentit et, s’il n’y a pas de changement d’état de l’actionneur, au bout de deux secondes, un freinage d’urgence se déclenche.

La logique d’action sur ce dispositif est découplée de la logique de conduite. Le conducteur est donc dans une situation classique de double tâche, de concurrence attentionnelle.

Une étude de l’INRS a montré que les conducteurs réglaient leur action de veille sur la temporisation du relâchement dans une stratégie d’économie cognitive.

Outre le problème des maladies professionnelles posé par la fréquence des actions de veille, cela a démontré que la veille avait une fonction distractive par rapport à la conduite. Deux accidents mortels de voyageurs sont venus confirmer que la veille met en cause la sécurité de conduite.

À Clermont-Ferrand, la transformation de la veille tant au niveau du fonctionnel (suppression de la temporisation au maintien) que de la forme des actionneurs a permis de résoudre ce paradoxe d’un système de sécurité qui mettait en cause la sécurité.

Un suivi de cette transformation a été réalisé avec un groupe de six conducteurs lors de trois campagnes d’observation entre juin 2015 et novembre 2017 dans trois configurations différentes de la veille. Ces observations montrent une diminution radicale de la fréquence moyenne d’actions sur la veille puisque l’on passe de 40 actions/minute en 2015 à moins d’une action par minute en 2017.

Cette baisse de fréquence montre que l’action sur la veille devient neutre par rapport à la conduite. Ce résultat a été obtenu en modifiant à la fois la logique fonctionnelle et les formes des actionneurs de veille.

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