SHINRAÏ : Expertise et confiance, une approche sociologique des situations post-accidentelles dans le nucléaire

Le projet SHINRAÏ envisage de développer une compréhension fine des mécanismes de perte/genèse de la confiance des citoyens envers les institutions après un accident nucléaire et d’analyser les modalités de l’émergence de nouveaux experts citoyens, ou « contre experts ». En outre, le projet doit contribuer à apporter un éclairage sociologique sur les problématiques de gestion des territoires après un accident nucléaire : choix d’évacuation, choix du seuil radiologique, rôle et limites de la décontamination, gestion des déchets, etc.

Rina Kojima participe à ce projet afin de réaliser l’enquête de terrain pour sa thèse. Celle-ci porte sur l’analyse des conséquences sociales de la politique concernant la « reconstruction » pour les habitants affectés par l’accident de Fukushima dans les territoires contaminés sur une longue durée.

 

Méthode

Le projet SHINRAÏ comprend un travail d’enquête au Japon auprès de quatre types d’acteurs :

  • Autorités impliquées dans la gestion du post accident, aux différents niveaux : gouvernemental, préfectoral, municipal,  (Reconstruction Agency, Bureau d’assistance aux victimes de l’accident, service de décontamination de la Préfecture de Fukushima par exemple …),
  • Scientifiques et experts impliqués dans le conseil aux autorités, ou membres de comités d’experts, ou bien encore se mobilisant en critique/dénonciation des mesures prises par ces autorités,
  • Associations non gouvernementales : aide aux victimes et aux réfugiés radiologiques de l’accident nucléaire, citoyens engagés dans la réalisation de mesures « indépendantes » de la radioactivité, mouvements dits de « citizens scientists » engagés dans la constitution de savoirs experts indépendants des expertises étatiques,
  • Habitants affectés par l’accident nucléaire de Fukushima. L’enquête se focalise sur le cas des deux villes de Naraha et Kawauchi, se situant dans la zone d’évacuation obligatoire après l’accident. Après des opérations de décontamination, le gouvernement Japonais souhaite organiser le retour (à l’issue d’une « levée d’ordre d’évacuation ») des habitants dans leurs villes, et a élaboré un programme général de retour des personnes évacuées, qui doit être décliné et  mis en place par les autorités locales. L’enquête vise à analyser ce processus, ainsi que les décisions des habitants (retour/non-retour) et les différentes raisons qui sous-tendent ces décisions. Un cas complémentaire concerne le cas du quartier Watari (dans la ville de Fukushima) qui n’a pas fait partie de la zone d’ « évacuation forcée » mais a fait l’objet d’opérations de décontamination en raison d’une contamination au-dessus des normes établies (présence de nombreux « hot spots »). Rina Kojima conduit des enquêtes notamment avec ces habitants à travers les trois missions au Japon : mars 2015, septembre 2015 et septembre 2016.

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