Troisième séance de l’atelier « Faire une thèse en partenariat au LATTS (lundi 10 mai 2021, 16h-18h)

Cette séance aura pour thème « Produire, mobiliser et publier des données dans le cadre des thèses en partenariat » et concerne plus largement toute démarche de recherche de terrain.

La gestion des données produites pendant la thèse en partenariat constitue un sujet de préoccupation important. Il renvoie notamment à l’enjeu de leur propriété intellectuelle, qui se partage entre la structure de financement et le/la doctorant.e. L’utilisation de ces données est a priori cadrée par le contrat de collaboration, à partir de clauses souvent standard, définies ex ante. Mais, comme pour tout dispositif contractuel, celles-ci ne règlent pas tous les cas de figure et l’usage des connaissances produites fait l’objet de négociations chemin faisant avec la structure (dirigeants, collègues, enquêtés, etc.), soulevant de multiples enjeux de création, d’appropriation et de valorisation dans des cadres scientifiques et professionnels (gestion de certaines informations sensibles ou confidentielles, liberté de publication et de communication, etc.).

Cette séance sera consacrée à la manière dont les informations récoltées à l’occasion du travail de thèse sont gérées et utilisées entre la structure partenaire et le/la doctorant.e. Seront tout d’abord abordées des questions relatives au cadre réglementaire et à ses prescriptions en matière d’éthique, d’intégrité et de gestion des données personnelles (RGPD, etc.). Seront ensuite évoquées des questions relatives à la méthodologie et à la posture de recherche : en quoi est-il différent de produire des données scientifiques dans le cadre d’une thèse en partenariat ? Quel distinguo entre les données produites par le doctorant dans le cadre de sa recherche et celles produites par/pour l’entreprise ? Comment valoriser au mieux les atouts qui sont liés à une thèse en partenariat (usages de l’immersion et de l’observation participante, parfois beaucoup plus facilités par ce type de dispositif) ? Comment gérer la relation particulière qui peut se nouer entre le doctorant et la structure d’accueil (sentiment parfois de « trahir » les collègues en utilisant les données, « charge mentale », sentiment de responsabilité vis-à-vis de l’entreprise) ? Comment « négocier » une publication dans le cadre de sa thèse ?

Là encore, ces questions n’ont certainement rien de spécifique aux thèses dites en partenariat. En effet, au LATTS tout du moins, il est rare que les doctorant.e.s, qui travaillent le plus souvent sur des sujets contemporains, ne se posent pas également la question de l’usage des données produites dans le cadre de leurs enquêtes. Comment ces doctorant.e.s font-ils/elles lorsqu’ils sont confronté.e.s à cette question ? Se sentent-ils/elles armé.e.s pour y faire face ? Que peut leur apporter l’expérience de leurs collègues effectuant une thèse en partenariat ?

 

 

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