Sofia Guevara : Le risque d’inondation et la définition de la vulnérabilité urbaine dans les politiques publiques au Costa

Directeur(s) de la thèse : Jean-Pierre Levy

Le sujet de recherche porte sur les politiques publiques visant à réduire la vulnérabilité des populations face aux inondations urbaines au Costa Rica. Le travail vise à identifier et caractériser le décalage entre la construction d’un espace social vulnérable dans le cadre des politiques publiques urbaines et la perception des habitants qu’elles visent. L’objectif est de comprendre les conflits suscités lors de ces processus de définition.
Le projet s’appuie sur la notion de vulnérabilité, laquelle permet de prendre en compte, au-delà de l’endommagement potentiel d’un phénomène perturbateur (les inondations) sur le milieu urbain, les difficultés rencontrées par une société pour faire face à une crise, ce qui nous permet de prendre en considération le poids du contexte socioculturel dans l’analyse de la gestion de risque. Il s’agit de mobiliser une approche intégrée de l’environnement urbain qui prend en compte l’organisation sociale des territoires dans son ensemble afin d’analyser la façon dont le système institutionnel costaricien aborde la problématique de la vulnérabilité des territoires face au risque d’inondation urbain tout en composant avec les spécificités locales. La recherche est circonscrite au territoire de la Grande Aire Métropolitaine costaricienne (GAM).
Dans notre premier axe de recherche, nous interrogerons d’un point de vue historique les processus par lesquels est définie institutionnellement la vulnérabilité des villes face aux risques naturels, afin d’analyser le contexte dans lequel notre investigation s’inscrit et de mieux appréhender les évolutions récentes des politiques publiques en la matière. Dans le cadre de la loi de 2006, l’approche de la vulnérabilité se veut intégrée et dynamique. Afin de mieux comprendre la formulation de cette loi, nous souhaitons analyser les politiques passées tant dans le domaine de la gestion de risque que du développement urbain. Il s’agit ici de mieux identifier les ruptures et les continuités dans l’action publique et de mieux caractériser la relation entre territoire et aléa.
Dans un deuxième axe, nous partons de l’hypothèse qu’il existe plusieurs systèmes cohérents de représentation du risque d’inondation urbain, qui se superposent, dialoguent et s’hybrident dans le territoire de la GAM. Il s’agit d’interroger les relations entre les inondations et les acteurs concernés par ce phénomène : praticiens, représentants politiques, habitants. Nous partons de l’hypothèse que chaque catégorie d’acteur construit sa propre relation au risque selon sa stratégie et son propre système de représentations. Nous interrogerons les processus par lesquels est définie cette relation au risque et les mesures préconisées par les acteurs, à partir de cette relation, en vue de réduire la vulnérabilité. Nous étudions trois groupes d’acteurs : les experts institutionnels; les représentants du gouvernement local, qui sont confrontés directement au phénomène et qui ne partagent pas nécessairement les visions véhiculées par l’Etat central ; enfin, la vision des associations de développement local et des habitants. Cet axe interrogera donc les arguments mobilisés par les différents acteurs pour caractériser ce risque, les méthodologies et les instruments sur lesquels ils basent leur représentation.
Enfin, nous interrogeons les lieux de rencontre formels et informels entre ces différents systèmes de représentations dans le cadre de la formulation de nouvelles politiques de gestion de risque, en mobilisant notamment la notion d’espace public de Jacques Lolive. Cette dernière permet d’aborder les espaces de débats et analyser la possible contribution des organisations locales dans la formulation des politiques publiques. Nous interrogeons ces différents lieux d’échange et de négociation entre les praticiens institutionnels et les populations. Nous aborderons également dans ce dernier axe les autres espaces de débat entre les acteurs, au-delà des dispositifs explicitement dédiés à la concertation.

Année d’inscription : 2014
Ecole doctorale : VTT- Ville, Transports et Territoires

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