Soutenance de thèse d’Olga Suslova

Le LATTS a le plaisir d’annoncer que la soutenance de thèse de doctorat d’Olga Suslova aura lieu le vendredi 30 janvier 2026 à 14h30 (ouverture des portes à 14h), dans la salle V404 de l’École nationale des ponts et chaussées (ENPC), sur le campus de la Cité Descartes. Sa thèse en urbanisme est intitulée :

« Les transformations postsocialistes urbaines à Saint-Pétersbourg : L’avancée de l’autoritarisme urbain à travers la rénovation urbaine »

Cette thèse a été réalisée au sein du LATTS, sous la direction d’Elsa Vivant et le co-encadrement de Martine Drozdz.

Composition du jury :

Béatrice VON HIRSCHHAUSEN, Directrice de recherche CNRS, Géographie-cités/Centre Marc Bloch (Rapporteuse)
Martin MÜLLER, Professeur des universités, Université de Lausanne (Rapporteur)
Elsa VIVANT, Professeure des universités, Université Gustave Eiffel (Directrice de thèse)
Martine DROZDZ, Chercheuse CNRS, LATTS/Maison française d’Oxford (Co-encadrante de thèse)
Claire CARRIOU, Professeure des universités, Université Paris-Est Créteil (Examinatrice)
Lydia COUDROY DE LILLE, Professeure des universités, Université Lumière Lyon 2 (Examinatrice)
Ozan KARAMAN, Chargé de recherche CNRS, LATTS (Examinateur)
Perrine POUPIN, Chargée de recherche CNRS, CRESSON (ENSA de Grenoble) (Examinatrice)

Résumé de la thèse :

Cette thèse étudie les transformations urbaines postsocialistes à Saint-Pétersbourg à travers le prisme de la rénovation du patrimoine architectural soviétique, révélatrice de l’avancée de l’autoritarisme urbain. À l’aide d’une méthodologie mixte – croisant entretiens, observation, cartographie, statistiques, analyse des réseaux et ethnographie en ligne – elle explore les logiques politiques, économiques et sociales qui façonnent la ville depuis la chute de l’URSS. La recherche met en lumière la mise en marché progressive de la «ville socialiste», tout en contestant les récits dominants de la néolibéralisation, en révélant notamment les dynamiques clientélistes et autoritaires du pouvoir urbain à l’œuvre dans les projets de démolition-reconstruction du bâti soviétique. Le quartier Narvskaya Zastava, ancien espace ouvrier emblématique, sert de cas d’étude principal pour analyser les tensions entre préservation patrimoniale et transformation urbaine qui en résultent. À partir d’un terrain à la fois présentiel et numérique, la thèse montre que le patrimoine devient un espace stratégique de contestation de l’autoritarisme et de la politisation sous contrainte. L’expertise – architecturale, historique et juridique – y est mobilisée comme ressource politique par des habitants, des militants, des professionnels et, parfois, des représentants du pouvoir, révélant ainsi les failles et les tensions internes de l’État autoritaire. L’enquête met cependant en lumière la pluralité des logiques qui structurent les réactions habitantes, favorables ou opposées aux projets de rénovation, et fait apparaître des rapports sociaux postsocialistes bien plus complexes qu’une simple opposition entre gagnants et perdants de la libéralisation économique.

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